Nous avons grandi boulevard Thélot. Tous les matins, le bus passait nous chercher ; c’était Maryvonne Jullien qui le conduisait. On allait de quartier en quartier jusqu’au stade de l’ASIA. Cela nous paraissait tellement loin… C’étaient les « nouveaux quartiers », comme on disait alors. Chaque jour, et surtout les week-ends, on regardait les bateaux entrer au port : des paires d' espagnols et portugais, mais aussi des navires russes, allemands, coréens ou japonais. On croisait tous ces marins au quotidien. Nous étions fascinés par ces langues différentes, ces visages venus d’ailleurs, cette impression de bout du monde ouvert sur le large. Tout cela nous donnait le goût de l’évasion. On rêvait de ces horizons lointains et de ces pays que l’on imaginait immenses derrière la ligne d'horizon.
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